le cheval dans la haie

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Les terriens m’atterrent.

Les nuages sont si doux à l’oeil.

 

t’as rien terrien,   

 t’es rien

     ... et le cheval dans la haie  

 

moi, j’ai les nuages,     mes nuages, ceux que je regarde, avec mes yeux 

que je déguste comme une grande barbe à papa, du sommet tendre et clair au fond sombre et croquant

 
  ... et le cheval dans la haie    

 

je suis le bâton de la barbe à papa

   
   ... n’a pas bougé depuis tout à l’heure   

 

deux mouettes, 

 c’est con une mouette.             pourtant qu’est ce que c’est beau ! 

sur gris doux sombre           vol doux            gros pépères nuages  

regarde, elle s’en vont vers le sud ....        

vers la tête du bélier            qui se déforme en altitude

t’as rien terrien,          

 

 

      t’es rien

ttiens, prends une poignée de terre,  c’est un million de fois plus riche et plus vivant que nos téléphones

 

ça se pose pas trente six mille questions,

une poignée de terre  !

pourtant ça vit fort

et ça fait pas le contraire de ce que ça devrait.

ça va que dans un sens la terre, dans le bon.

Une longue baleine grise s’alanguit  dans le coton des cumulus. Elle entraîne dans son vol son baleineau espiègle qui glisse sous son ventre lisse 

Une longue baleine libre de ses actes s’alanguit dans le coton;

elle entraîne dans son vol ses baleineaux espiègles qui glissent sous son ventre lisse

 

 


on peut même foutre des coups de pieds dedans

elle s’en fout complètement,

la poignée de terre

 

... et le cheval dans la haie n’a toujours pas bougé   

 

  la lumière              orangée

 

lui claque le visage

son oeil de bois me regarde fixement

 

prairies vertes           luisantes            horizon gris orangé         

magnifique ... !

 


 t’as rien,        

t’es rien  terrien

 


 


 

le cheval dans la haie me fait du bien  sa présence m’apaise et me rassure 

 

le soleil sur un feuillage jaune maquille son oeil noueux d’une lune d’or

 

 


c’est pourtant tellement simple  tout est dessiné

 

les routes sont tracées,

les chemins reconnus,

les pièges évités,

les leçons apprises,

les mains propres,

le coeur ouvert.   .......

une pie vient à la fenêtre ouverte écouter les infos

et commente joyeusement les méfaits les guerres et les misères

 

La pie s’inquiète du cours du vers de terre à la bourse de Bruxelles

 

 

Ta misère est ton bonheur

Ton bonheur c’est ta misère 

N’en sors pas tu vas t’enrhumer.

attention mon amour tu vas prendre froid si t’as plus mes mains sur ton ventre

 

le résultat des courses l’intéresse beaucoup plus que moi, mais ce qu’elle préfère pardessus tout c’est le rap  

les textes lui viennent spontanément   j’essaie de noter au fur et à mesure mais elle parle très vite

 


 


 


pas la joue tendue

 


pas la joue tendue !

 


 ............. nous font grandir

pas la joue tendue   ...    pas la joue tendue

la longue grise baleine s’est enfuie vers d’autres regards, elle a dû pénétrer lentement l’océan bleu pâle qui a pris sa place au fond de mes yeux

d’une vague éclaboussante a jailli la demi ronde lune   frêle et rose comme une jeune fleur

elle tangue lentement au sommet de mon ciel entre les écharpes frileuses argentées irisées

 

 


ta misère est ton bonheur               ton bonheur c’est ta misère

n’en sors pas tu vas t’enrhumer  n’en sors pas mon bébé tu vas prendre froid

 

 

t’es bien trop difficile, je te parle de la lune et tu viens piétiner mes graines de bonheur

tu casses les branchettes et les petits germes qu’auraient pu se transformer en belles grosses racines fortes

 

les pies sont toutes les mêmes

 


 


 


 

je me demande pourquoi je devrais mériter ça

 

toutes des               pies bavasseuses     baveuses voleuses ravageuses ravagées

déglinguées matraquées martyrisées bafouées ridiculisées frustrées

 


 


 


exploitées fouettées

et c’est si bon        terrien

elles ont reçu l’intelligence mais hélas

 

 

 


 


fouettées et c’est si bon

 

terrien          

t’as rien,             

 

t’es rien               terrien

 

 

 

hélas elles ne savent pas très bien s’en servir

ce ne sont que des pies

ta misère est ton bonheur               ton bonheur c’est ta misère       n’en sors pas tu vas t’enrhumer

 


 


 

au moins il se passe quelque chose d’intense

répandre la souffrance au pulvérisateur c’est plus efficace

et l’entretenir à petit feu                   que mes signes d’eau éteignent 

on peut élever des petites fleurs et les arroser de désherbant avant qu’elles soient trop belles

 

 


 ... et le cheval dans la haie              a disparu dans la pénombre

 

 

 

 

il me laisse seul        seul et libre         

libre de le retrouver

 

 


 


dès que le soleil éclairera à nouveau le tronc

qui dessine sa silhouette

 
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